7 erreurs que j’ai faites en randonnée et comment les éviter

C’est en République Tchèque que je suis tombée amoureuse de la randonnée et du camping sauvage. Je passe désormais au moins un weekend par mois dans la forêt, tout au long de l’année. Mais mon expérience n’a pas toujours été toute rose. Mon deuxième jour de randonnée dans les Hautes Tatras en Slovaquie aurait pu me coûter la vie. Laissez-moi partager avec vous quelques-unes de mes erreurs, et ce que j’ai fait pour ne plus les reproduire.

1. Pas besoin de lampe frontale, je vais rentrer avant qu’il fasse noir.

Un chemin que je suivais en Nouvelle Zélande m’a conduite au Karangahake Rail Tunnel. Le tunnel a été construit en 1905 pour transporter de l’or, mais il était abandonné depuis longtemps quand je l’ai traversé. Il faisait 1070m de long et n’était éclairé que par des vers luisants. A mi-chemin, je ne me sentais plus très rassurée, et j’étais soulagée d’arriver enfin de l’autre côté…jusqu’à ce que je me rende compte que c’était une voie sans issue. Au retour j’ai commencé à avoir peur. L’écho de mes pas accompagnait le son des gouttes d’humidité qui coulaient le long des parois et je ne voyais absolument rien d’autre que la lumière au bout du tunnel. Je ne pouvais pas m’empêcher de repenser à tous les stupides films d’horreurs que j’avais regardés. J’avais tellement peur que je me suis mise à courir pour éviter de m’évanouir. Depuis, je ne sors plus sans lampe, et j’ai dit adieu aux films d’horreur par la même occasion.

Prenez toujours une lampe de poche ou une lampe frontale, quelque soit l’endroit où vous allez. On ne sait jamais. Il y aura peut-être un tunnel ou une grotte à explorer, ou vous vous retrouverez obligé à marcher le long d’une route dans le noir. Et n’attendez pas qu’il soit trop tard pour changer les piles…

2. Quel est le problème avec mes chaussures ? Elles m’allaient pourtant bien quand je les ai essayées.

Avez-vous déjà eu la sensation que vos chaussures avaient rétréci, ne laissant pas de place aux ampoules qui se multipliaient sur vos orteils ? Vous n’êtes pas les seuls. J’ai même senti un ongle d’orteil se détacher et j’en ai perdu un autre trois fois. Trois fois ! Mais c’était avant qu’un ami me dise qu’il prend toujours une paire de chaussettes supplémentaire quand il va acheter des nouvelles chaussures. Avec cette paire supplémentaire, cela revient à essayer vos chaussures avec des pieds gonflés par la marche. Je peux vous assurer que les miens sont reconnaissants de ce conseil.

2013. Hautes Tatras, Slovaquie. Ma première longue randonnée.

3. La température de mon sac de couchage est de 8ºC donc s’il fait 10ºC la nuit je n’aurai pas froid.

J’ai passé une après-midi entière à bronzer sur un rocher à la Pointe du Raz en Bretagne et malgré le fait que j’ai souffert les deux jours suivants à cause d’un gros coup de soleil, j’ai passé un si bon moment sur mon rocher que j’ai voulu y dormir. Je me suis rendue au Decathlon le plus proche pour acheter un sac de couchage. Sa température de comfort indiquait 8ºC et la météo prévoyait une nuit à 10ºC. J’ai installé mon sac sur le rocher et je m’y suis glissée, un grand sourire aux lèvres, heureuse de passer ma première nuit à la belle étoile. Deux heures plus tard j’ai commencé à trembler de froid. Mes dents s’entrechoquaient tellement que j’ai bien cru qu’elles allaient casser. Je n’ai pas dormi de la nuit.

N’ayez jamais une confiance aveugle en les températures indiquées sur les sacs de couchage. J’ajoute toujours 10ºC à la température de comfort, donc si elle est de 8ºC, je sais que je dormirai bien si la température de l’air ne descend pas sous 18ºC. La dernière chose dont vous avez envie est de passer une nuit à grelotter.

4. Mon sac est lourd mais si je peux le soulever je pourrai le porter toute la journée.

Mais bien sûr… Je suis allée dans les Hautes Tatras en Slovaquie pour ma première longue randonnée et mon sac pesait 18kg. Pas si lourd que ça, mais trop lourd pour me permettre de le porter avec facilité tout en marchant toute la journée. Avec l’équipement de camping, des vêtements chauds, suffisamment d’eau et de nourriture, vous pouvez difficilement descendre en dessous des 18kg. Ne laissez pas d’affaires essentielles à la maison pour alléger votre sac car vous pourriez le regretter. Entraînez-vous plutôt à porter votre sac à dos. Je mets parfois des dictionnaires ou d’autres objets inutiles dans mon sac pour de courtes randonnées, juste pour m’habituer à son poids. L’année dernière j’ai fait le Tour du Mont Blanc avec 23kg et je les ai à peine sentis. Tout est question d’entraînement.

2013. Hautes Tatras, Slovaquie. Le mauvais temps a fait de cette journée un enfer.

5. Pas besoin de regarder les prévisions météo. Elles sont rarement bonnes de toute façon.

On ne peut jamais faire 100% confiance aux prévisions météo, certes, mais tout comme la température du sac de couchage, elles vous donneront une idée de ce à quoi vous attendre. Jetez-y toujours un coup d’œil si vous allez vous promenez en montagne, ne serait-ce que pour la journée. Lors de mon deuxième jour dans les Tatras j’ai eu du vent, de la pluie, de la grêle et de la neige. J’étais trempée comme un soupe, gelée, affamée et faible. Je n’ai jamais cru que j’allais réussir à passer le pic. Courte montée à l’aide d’une chaine sur la droite, descente vertigineuse sur la gauche. Heureusement, la chance était de mon côté ce jour-là car je ne suis tombée qu’après avoir passé le pic.

Ne restez pas chez vous si le risque d’averses est faible mais ne sortez pas, surtout en montagne, si les chances de mauvais temps sont élevées. Le mauvais temps tue.

6. Rien ne vaut un poncho. Il me protègera moi et mon sac.

La bonne blague ! Je n’ai utilisé le mien qu’une seule fois avant d’acheter un imperméable. C’est toujours pendant cette fameuse deuxième journée dans les Tatras que j’ai appris la leçon. J’avais complètement boutonnés les deux côtés du poncho mais le vent faisait constamment voler le devant, m’empêchant de voir où je posais les pieds. Ne pas pouvoir voir où l’on met les pieds lors d’une randonnée en montagne est un peu gênant. J’ai depuis remplacée mon poncho pour une veste et pantalon imperméable. Il n’y a rien de mieux.

2013. Hautes Tatras, Slovaquie. Beau ciel bleu et magnifique paysage. Que demander de plus?

Lire des articles tels que celui-ci vous aidera (je l’espère) à vous préparer aux joies de la randonnée, mais rien ne vous y préparera comme les randonnées elles-mêmes. Commencez doucement, procurez-vous du bon matériel, apprenez de vos erreurs et de celles d’autres randonneurs mais surtout faites-vous plaisir.

Maintenant laissez-moi vous remercier d’avoir lu cet article avec un petit bonus. Et n’oubliez pas de partager vos histoires dans la partie commentaire.

7. Qu’est-ce que je dois prendre à manger ? Je sais ! Une pastèque.

Il n’y a pas meilleur choix, n’est-ce pas ? La pastèque vous nourrira, vous abreuvera, n’est pas lourde du tout et est très pratique à manger, surtout avec un couteau de poche.

Vous serez peut-être surpris mais je ne suis pas la seule avec d’étranges choix culinaires. Pendant le Tour du Mont Blanc, j’ai vu un groupe avec un wok et 1kg de mayonnaise et un autre avec 5kg de Nutella. Après l’effort, le réconfort.